Tapissier décorateur, l’exercice d’un métier d’art (Atelier Gabriel Ravet)

Tapissier d’ameublement, ou plus élégamment intitulé « Tapissier Décorateur », voici une biographie condensée suivie d’une définition de l’activité contemporaine d’un métier qui recèle bien des richesses, dans l’univers de la décoration d’intérieur.

Un peu d’histoire…

La profession tire ses origines du Moyen Âge. A cette époque, le « Corps de Marchands Tapissiers » regroupait à la fois les fabricants de tapis et tapisseries, les confectionneurs de courtines (rideaux) et courtepointes (couvertures piquées), les poseurs de tentures et tapisseries.

Dès le XIIIe siècle, afin de les distinguer, on nomme : « Tapissiers Lissiers » ceux dont la tâche est de fabriquer tapis et tapisseries, et « Tapissiers Courtepointiers » ceux dont l’activité se rapproche le plus de celle des Tapissiers Décorateurs de nos jours.

A la fin du XVIe siècle, les Tapissiers Courtepointiers réalisent du mobilier de garniture, tel que les sièges et même les lits.

Au XVIIIe siècle, les tapissiers étant attachés au rang des grands seigneurs et des princes, les artisans prenaient alors le titre de « Valet Tapissier » et pouvaient même porter l’épée.

A ce jour, le Tapissier Décorateur, tout en ayant conservé son statut d’artisan, remplit de multiples fonctions qui participent à la décoration intérieure :

Non seulement il conçoit et fabrique tout ce qui touche à la décoration textile d’un espace intérieur, mais il concourt également à l’aménagement de cet intérieur et à sa décoration.

Son domaine d’intervention est très large, ses travaux sont variés :

Qu’il s’agisse de restauration de mobiliers anciens, de réalisation à la commande, de conception de décors sur-mesure et même de création, le tapissier façonne l’ouvrage en s’adaptant aux difficultés inhérentes à l’exercice d’un métier d’art.

En tant que restaurateur, il apporte à l’objet confié embellissement et confort. Ses connaissances en histoire de l’art et de l’ameublement lui permettent de respecter les styles et les matériaux d’origine.

En tant que concepteur, il sait traduire la demande des architectes d’intérieur avec qui il travaille en étroite collaboration, ou bien celle des particuliers avec qui il peut également traiter en direct. Par sa maîtrise de la technique et sa capacité à s’adapter, grâce à son habileté et son sens de l’harmonie, il est en mesure répondre à leurs exigences et de résoudre les difficultés de réalisation de l’ouvrage en proposant des solutions.

La qualité du travail doit être irréprochable, elle dépend principalement des finitions que l’on exige parfaites.

Le travail décrit ici est dit de Luxe ; il résulte d’un savoir-faire ancestral. La profession ignore le machinisme, les techniques utilisées demeurent séculaires.

L’artisanat d’art pratiqué par les Tapissiers Décorateurs n’a pas sensiblement évolué depuis le XVIIIe siècle, abstraction de faite de l’invention du ressort et du capiton au XIXe siècle.

La liste des outils utilisés reste presque la même : aiguille droite, carrelet (aiguille courbe), houseau (pince), marteau de garnisseur, ciseaux à dégarnir, chasse-clou, tire-crin, tire-sangle…

Au fil du temps, avec l’évolution de la fonctionnalité du mobilier, l’arrivée de nouveaux matériaux, les Tapissiers Décorateurs ont su prendre les tournants de l’innovation, mais aussi faire face aux changements comportementaux et commerciaux, sans jamais rompre pour autant avec la tradition.

GR-CC, le 21/06/2014 

 

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